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Article écrit le 15 novembre 2015 • classé dans Divers, Infos, Langage oral, troubles articulatoires

Tétine, pouce, biberon

Effets nocifs de la succion du pouce, tétine ou sucette

Il apparaît que la majorité des enfants ne peuvent se passer :

  • du pouce ou d’autres doigts,
  • de la tétine,
  • du biberon,
  • de tissus ou de leurs peluches adorées.

Cependant lorsque ces mauvaises habitudes persistent, elles ont des répercussions néfastes sur la forme des mâchoires, la position des dents de lait mais également des dents définitives.

Sans compter que la mastication des aliments devient quasiment inutile. En effet, l’alimentation principale des plus jeunes enfants consiste en des plats précuisinés, soigneusement mixés. Ces derniers ne demandent plus d’efforts musculaires et de sollicitations des dents pour se nourrir. Par ce phénomène social, les os de la bouche des enfants deviennent plus petits et les dents n’ont plus la place pour se positionner correctement.

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De nombreuses études scientifiques ont pourtant montré l’efficacité de la tétine:

  • Elle apporte à l’enfant du bien-être, un apaisement et un effet sécurisant (comme le pouce ou d’autres corps étrangers).
  • Elle permet un sevrage plus facile et plus rapide par rapport au pouce.
  • Elle réduit les risques de mort subite du nouveau-né.

La tétine classique et tétine dite physiologique ou orthodontique (et autre habitudes néfastes) présente des effets nocifs sur la santé bucco-dentaire voir générale de l’enfant. A l’âge de 12 ans, 90% de la croissance cranio-faciale est effectuée. Par conséquent, il est très important d’agir tôt.

La tétine classique présente des effets nocifs sur la croissance des maxillaires en développant un palais ogival en V et non en U (forme normale) par des fonctions atypiques tel qu’une respiration buccale, une déglutition infantile et des problèmes phonétiques.

La déglutition infantile ou primaire est présente avant l’apparition des dents de laits par interposition de la langue entre les arcades alvéolo-dentaires et par contractions des muscles péri-buccaux (muscles labiales).

Le port prolongé de la tétine ou sucette empêche la maturation psychomotrice de la déglutition infantile vers une déglutition secondaire dite adulte et entraîne des conséquences néfastes importantes au niveau dentaire:

-Béance antérieure

-Proalvéolie incisive ou maxillaire

La respiration buccale entraîne une position basse de la langue au niveau mandibulaire et ne stimule par la suture médiane du palais empêchant une expansion transversal de celui-ci, lui donnant une forme en v avec des malpositions dentaires, un ou des articulés inversés et asymétries, des déformations osseuses au niveau de l’étage inférieure et moyen de la face; Il a été également constaté qu’une respiration orale entraîne des problèmes respiratoires plus fréquents ( rhinites, rhinopharyngites, asthme, otites, trouble du sommeil et parfois retard de croissance)

===>la sucette classique voir dite orthodontique entraîne quasi systématiquement une déglutition infantile et une respiration buccale.

La tétine et le biberon permettent la succion-déglutition, processus physiologiquement normal permettant notamment la nutrition du jeune enfant.

Dans son utilisation commune, la tétine est donnée afin de calmer et de réconforter le bébé.

Le biberon peut être choisi par les parents  pour alimenter le nourrisson ou représenter une alternative à un allaitement.  Lorsque l’enfant grandit, le biberon est souvent utilisé le matin et/ ou le soir en complément d’une alimentation à la cuillère.

bébé avec biberonC’est ce biberon du matin en particulier, qui semble parfois persister longtemps voire très longtemps dans certaines familles.  En effet, par souci de facilité, certains parents proposent tardivement à leur enfant un biberon au petit déjeuner afin de limiter le temps de préparation et de surveillance. Parfois même, l’enfant se retrouve devant la télévision avec son biberon pendant que les autres membres de la famille se préparent. Le biberon porte aussi une lourde connotation infantile. En effet, abandonner le biberon est souvent synonyme pour les parents d’un passage du statut de bébé à un statut de jeune enfant, ce moment est alors reporté le plus longtemps possible. L’enfant est souvent conscient du regard attendri que ses parents peuvent poser sur lui lorsqu’il boit son biberon et n’aura pas lui non plus envie d’évoluer et de quitter ce stade.  Cette difficulté à grandir, va entraîner chez l’enfant une immaturité psycho-affective.

La tétine et le biberon ne sont pas sans risque pour le développement des structures orales du jeune enfant, notamment s’ils sont conservés de façon tardive. Leur arrêt  semble être préconisé autour de l’âge de 3 ans.


De nombreuses observations cliniques
ont objectivé les répercussions anatomiques et fonctionnelles pouvant découler de la prise tardive de la tétine et du biberon.

enfant tétine


Les conséquences de ces tétées tardives empêchent la langue de s’élever au palais et sont  :

–  Un frein à la croissance harmonieuse de la bouche

•  Une béance, c’est-à-dire un écart entre les incisives maxillaires et mandibulaires.
•   La ventilation buccale induite par la position basse de la langue ne permet pas un développement suffisant des mâchoires ( pro ou rétrognathie).
•   Un palais étroit et profond.

–  Un frein à l’évolution de la déglutition et de la mastication

–  Un frein à la ventilation nasale

•   La respiration buccale augmente alors les risques d’infection ORL (otites) et dentaires (caries).
•   Elle favorise également les troubles du sommeil.
•   Perturbe la concentration.

–  Un frein à l’évolution harmonieuse de la posture

Ce déséquilibre postural est caractérisé par une attitude scoliotique, un thorax étroit, un genu valgum « genou en X »

–   Un frein à l’évolution de la parole

•   La prononciation de certains phonèmes/sons peut s’avérer imprécise voire altérée.
•   Une prononciation « infantile » risque de perdurer car les structures orales antérieures sont davantage sollicitées (langue en position interdentale notamment s/z) et l’hypotonie linguale réduit les possibilités de mobilisation de la langue telles que son élévation (/t/, /d/, /l/…), l’enchaînement des groupes plus complexe (/kla/, /tr/ …).

Texte kinepod.